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Agir rapidement plutôt qu'abandonner

 

Un avis de licenciement en période d'essai ne signifie pas la fin d'une carrière. Celui qui sait bien justifier cette décision, n'a pas à craindre d'être désavantagé pour rechercher un emploi.
Prenez pour exemple: Emese O. ne pouvait plus comprendre le monde. Malgré un grand engagement et de nombreuses heures supplémentaires la jeune suissesse a reçu un avis de licenciement durant la période d'essai de son apprentissage. La raison n'a pas été indiquée. «Ça ne peut pas dépendre de mon travail», dit la jeune de 20 ans qui avait commencé un apprentissage de commerce avec une maturité professionnelle. Avant l'apprentissage, elle avait déjà travaillé une année dans la même entreprise - à la pleine satisfaction de ses supérieurs de l'époque. «Mon nouveau chef ne pouvait tout simplement pas me voir», résume-t-elle. Cependant, son renvoi ne l'attriste pas. De toute façon, elle serait partie de son plein gré quelques jours plus tard : «J'étais tourmentée chaque matin au travail.»
D'après notre expérience, personne ne peut être licencié en période d'essai, sauf pour des raisons commerciales. Généralement, on le remarque déjà avant qu'il y ait quelque chose qui ne va pas. Certes, les nouveaux employés sont moins biens protégés durant la période d'essai, toutefois, certaines dispositions juridiques doivent être clairement observées (cf: cadre).

La plupart attendent trop longtemps
Un des objectifs de la période d'essai, est de permettre aux employés et employeurs de faire connaissance. Cependant, il peut toujours arriver, comme pour Emese O., que le courant entre les collaborateurs ou que la situation de travail ne passe pas. «Ainsi, il est préférable d'agir rapidement durant la période d'essai au lieu de laisser traîner une situation peu satisfaisante», conseille Bert Höhn du centre de carrière de la ville de Zurich. Cela vaut aussi pour les employés qui désirent partir eux-mêmes. «Nous avons fait l'expérience que la plupart de ceux qui se retrouvent dans une situation mal engagée attendent trop longtemps ainsi», explique le conseiller d'orientation professionnelle. Lorsque les problèmes commencent, la situation ne fait qu'empirer. Celui qui ne rompt pas lui-même son contrat de travail n'en retirera rien de plus. Selon Thomas Niedermann, directeur régional de l'entreprise de placement Manpower, une telle étape n'a, à priori, aucune conséquence sur la prochaine carrière professionnelle. Beaucoup d'employeurs/euses pensent qu'un travail très court a aussi sa place dans un curriculum vitae. Un emploi interrompu rapidement ne devrait en aucun cas être caché dans les dossiers de candidature. «Celui qui peut clairement justifier son licenciement prématuré durant le prochain entretien d'embauche, n'a pas à craindre d'être désavantagé», affirme Niedermann.
Il en est autrement pour ceux qui se retrouvent avec plusieurs places de travail de courte durée dans leur curriculum vitae. Dans ce cas, le danger est que le candidat qui est entêté et qui agit de manière instable n'arrive pas à se faire une image précise du lieu de travail. En revanche, celui qui est mis à la porte à cause d'un manque de performance ou un mauvais comportement commence clairement sa recherche d'emploi avec un handicap. Il doit s'attendre à ce que l'on s'informe sur lui.

Combler rapidement les lacunes
Dans tous les cas, ce qui importe est de chercher aussi vite que possible une nouvelle place de travail et de ne pas laisser les lacunes devenir trop grandes entre deux emplois. L'employeur potentiel évalue aussi le dynamisme avec lequel une nouvelle place de travail est recherchée. La situation momentanée sur le marché de l'emploi est tout à fait prise en considération : on tolère des coupures plus longues pour une femme qui a fait des hautes études que pour une secrétaire. Emese O. a eu besoin de trois mois pour trouver une nouvelle place d'apprentissage. Malgré une frustration passagère à force de se heurter à plusieurs refus lors de sa recherche de travail, elle ne regrette rien. Chez son nouvel employeur, elle éprouve énormément de plaisir : «Là-bas, je me sens heureuse et bien intégrée dans l'équipe.»

Délai juridique de renvoi
Pour autant que rien ne soit stipulé dans les clauses, les deux parties peuvent rompre le contrat à tout moment durant la période d'essai, moyennant un délai de septs jours ouvrables. Un avis de licenciement peut être envoyé jusqu'au dernier jour de la période d'essai. Toutefois, la personne licenciée doit le recevoir avant la fin du temps d'essai. Bien que les avis de licenciement par oral soient valables, il est conseillé de présenter ceux-ci par écrit afin d'en garder une preuve valable. Les avis de licenciement n'ont pas à être justifiés, excepté pour ceux qui le souhaitent expressément.

Durée maximale
La durée de la période d'essai est précisée dans le contrat et peut durer au maximum trois mois. Si dans le contrat rien d'autre n'est prévu, la loi considère le premier mois de travail comme une période d'essai.
La période d'essai ne peut pas être prolongée en dehors de l'apprentissage. Dans la phase de prolongation, l'employeur doit néanmoins s'en tenir au délai juridique de licenciement durant la première année. Celui-ci s'élève à un mois avec la date de licenciement à la fin du mois. Par exemple: une employée a commencé son nouveau travail en janvier. Fin mars, l'employeur prolonge la période d'essai d'un mois, cependant, l'employée quitte son emploi à la mi-avril avec un délai de sept jours. Cela n'est pas admis: juridiquement, elle ne peut partir qu'à la fin du mois de mai.

Places d'apprentissage particulières
Dans le contrat d'apprentissage, une période d'essai peut être définie pour une durée de un à trois mois. Contrairement aux autres contrats de travail, la période d'essai peut être prolongée, conformément à la loi sur la formation professionnelle, pour une durée maximum de six mois. Le délai de congé se monte à sept jours ouvrables. Après la période d'essai, le contrat d'apprentissage ne peut plus être résilié, excepté pour des raisons importantes.

Maladie, accident, armée et grossesse
Durant la période d'essai, un employeur qui respecte le délai de sept jours, peut résilier le contrat à n'importe quel moment - aussi dans le cas d'une maladie, d'un accident, du service militaire ou d'une grossesse. Pour quelqu'un qui tombe malade ou qui doit effectuer son service militaire durant le temps d'essai, ce dernier se prolonge des jours ouvrables qui avaient préalablement été supprimés.
Toutefois, d'après le code des obligations, l'employeur n'est pas tenu de verser un salaire pendant ce congé - sauf si la durée du contrat a d'emblée été fixée à trois mois ou plus.
Pour autant que l'entreprise ait souscrit une assurance maladie pour l'employé, celui qui a du partir durant la période d'essai à cause d'une maladie a droit à 80 % de ses gains pendant une durée maximale de deux ans. Une personne renvoyée suite à un accident a droit à 80 % de son salaire assuré à partir du troisième jour.
Avec une grossesse, l'employeur peut également résilier le contrat pendant le temps d'essai. Toutefois, il n'y a en principe aucune obligation pour la femme enceinte de le signaler à son employeur. Ainsi, elle ferait mieux d'attendre la fin de la période d'essai ; à partir de ce moment-là, elle est en effet protégée jusqu'à la fin de la grossesse et 16 semaines après la naissance avant de pouvoir recevoir un avis de licenciement.

Vacances
Dès le premier jour de travail, le droit à des vacances entre en vigueur. Si l'employé a droit à 20 jours ouvrables de vacances par année, cela veut dire que dès la fin du premier mois, il peut jouir de 1,67 jours de congé.

Avis de licenciement avant le début de l'emploi
Un employeur peut déjà renvoyer le nouvel employé avant même qu'il ait débuté. Cependant, il doit tenir compte de la date de licenciement avancée et, par conséquent, doit payer le salaire pour le délai de congé prévu par le contrat - indépendamment du fait que l'employé ait commencé ou pas. La personne licenciée ne peut pas réclammer d'autres compensation, sauf si elle peut prouver que l'entreprise a agit de manière abusive. Ce serait le cas, par exemple, si les supérieurs savaient déjà avant de l'engager qu'ils n'avaient pas du tout besoin d'un nouveau collaborateur.

Ne pas se présenter
On a déjà signé un contrat, et c'est à ce moment que se présente une meilleure offre. Que faire? L'employé devrait impérativement débuter son travail et fournir sa lettre de démission le premier jour. Ensuite il lui faut encore respecter le délai des septs jours. En pratique, cela n'est utile ni à l'employeur et ni à l'employé. Ainsi, il est conseillé d'annoncer la situation aussi tôt que possible à la première entreprise. Car conformément au code des obligations, l'employeur aurait le droit d'exiger jusqu'à un quart du salaire mensuel à l'employé comme dommages et intérêts si celui-ci ne dispose d'aucune raison valable de ne pas se présenter à sa nouvelle place. Par exemple, des indications fausses de l'employeur futur par rapport au nouvel emploi est considéré comme valable. Mais ce n'est pas le cas si l'employé a obtenu une meilleure offre.

Indemnités de chômage
Celui qui reçoit un avis de licenciement pendant la période d'essai, a le droit de toucher le chômage pour autant qu'il ait travaillé au moins six mois durant les deux dernières années. Celui qui quitte son emploi sans qu'une autre place lui ait été assurée, obtient un soutien seulement après un maximum de 60 jours ouvrables. Les étudiants qui sortent de l'école, ou les apprentis, ont le droit à une indemnité minimale, selon la formation, dès le 125ème jour sans emploi.


Source: OE GmbH